Atelier « Les gravières »

Sont rassemblés ici des acteurs (public, privé, civil) qui travaillent depuis quelques mois pour mieux cerner le potentiel et les enjeux autour du Fleuve dans sa traversée du département de la Loire.

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Atelier Fleuve-Loire - 18 /11/ 2005 - Ecopôle du Forez

Atelier « Les gravières »

Le 18 novembre dernier, à l’Ecopôle du Forez s’est déroulé un Atelier technique organisé par la DDE Loire et de la Frapna, sous le titre « Diversité dans le traitement des gravières », il regroupait une vingtaine de participants. Ces derniers représentaient diverses administrations (Services Etat, Conseil général, communauté de communes) et professionnels (Unicem, Cemex). Les élus étaient aussi représentés avec les maires de Chambéon et de Saint Cyr les vignes. Le magazine « Loire et Terroirs » était aussi présent.

Les différentes interventions se sont déroulées dans un climat attentif.

L’exploitation de matériaux alluvionnaires est une nécessité pour la confection des matériaux de construction (confection des bétons et mortiers, des couches de chaussées et des voies ferrées). En France, 200 millions de tonnes de granulats ont été extraits dans les années 1950, 300 millions dans les années 1970 et 400 millions à la fin des années 1990. 39% de ces extractions proviennent de gisements alluvionnaires. En France, un habitant consomme en moyenne 20 kilos de granulats par jour [1].
Une exploitation dure en moyenne dix ans, contre trente pour les carrières de roches massives.

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Le matin, recueil d’expériences avec notamment deux projets dans le Roannais autour des gravières de Mâtel et de Mably.

Les gravières, éléments de base - Christine Albouy [2]

Soumises au Code Minier depuis 1956, la loi du 2 janvier 1970 les soumettra au régime d’autorisation préfectorale, avec l’obligation de produire une étude d’impact et de remettre en état les lieux après exploitation. Depuis 1976, les gravières répondent au régime des installations classées. Enfin, depuis 1993, la loi implique la mise en place d’enquête publique au moment de la création de gravières, puis la garantie de financements pour leur réhabilitation en 1996.
Novembre 2005, le Schéma Départemental des Carrières de la Loire vient d’être approuvé. Il analyse les besoins, les ressources, les modes d’approvisionnement, les modalités de transport et la protection des milieux environnementaux. Au regard de ces éléments, des orientations sont fixées en matière de réaménagement, de remise en état et de réhabilitation des sites.

Le réaménagement, pensé dès l’étude d’impact, doit s’établir par phases successives au cours de l’exploitation. Les modalités de réaménagement des carrières alluvionnaires peuvent se traduire à travers différentes vocations :

  • Agricole, avec des parcelles cultivables, des mises en pâture,
  • Paysagère, pour une intégration cohérente du site dans son environnement,
  • Ludique, à travers des bases sportives et de loisirs, des cheminements,
  • Ecologique, par le retour d’une biodiversité et de l’espace de liberté du fleuve,
  • Urbain, pour la création de zones d’activités ou de lotissements,
  • D’utilité publique, avec l’alimentation en eau potable, la contribution à l’irrigation, ou encore la limitation de l’amplitude des crues.

Différentes contraintes sont à prendre en compte pour le réaménagement de ces sites : taille du site, problème d’eutrophisation, intérêt halieutique, vulnérabilité de la nappe, colmatage, etc.

L’exemple de l’Ecopôle du Forez - Chambéon - André Ulmer [3]

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Vue la nef de l’Ecopôle avec son espace d’exposition consacré au fleuve et aux oiseaux migrateurs, d’où l’on peut observer les oiseaux avec les jumelles. Ici, de nombreux oiseaux durant cette période de migration. Plan de situation de la Plaine du Forez.

Quatre cent hectares d’anciennes gravières à Chambéon ont été réhabilitées depuis 1987 par la FRAPNA Loire [4]. L’Ecopôle du Forez bénéficie aujourd’hui du label européen Ecozone.

L’Ecopôle répond à trois objectifs :

  • représenter un espace de liberté pour le fleuve,
  • favoriser le retour de la biodiversité,
  • et constituer un espace d’éco-citoyenneté.

L’exemple de l’Ecopôle est une réponse à la question de la restauration et de la gestion environnementale des sites post-industriels.

En effet, le site présente de nombreux problèmes propres aux sites d’extraction et à la proximité du barrage de Grangent : phénomène d’incision du fleuve, déconnexion des bras morts, des zones de frais, variation des niveaux d’eau, gommage des petites crues morphogènes, etc. Une des volontés est donc de redonner des matériaux au fleuve.

Le travail réalisé est vaste : remise en volume, gestion de la fréquentation humaine du site, création d’îlots, de triple berges, de hauts fonds, de roselières, d’observatoires, de palissades, etc. Parallèlement, l’équipe scientifique gère le suivi de la faune et de la flore, tout en menant des actions pédagogiques d’éducation à l’environnement.

Un outil pour l’évaulation du potentiel des gravières - Djamel Mimoun [5]

L’objectif de ce travail est d’aider au réaménagement écologique des bassins d’extraction par un outil d’aide à l’information à destination des exploitants et des gestionnaires.

Les critères sont d’ordre :

  • écologique (morphologie, vocation, lieu d’implantation, etc.),
  • hydraulique (connexion à la rivière, marnage du plan d’eau, orientation du plan d’eau par rapport à la nappe alluviale, etc.)
  • et socio-économique (lieu d’implantation, vocation, environnement huamin, etc.).

Les plans d’eau sont ainsi évalués selon vingt-qautre critères qui permettent d’établir une note en fonction de l’intérêt écologique.

  • Lien vers le site de l’Ecole des Mines de Saint-Etienne, avec le travail de Djamel Mimoun sur les gravières (thèse en téléchargement et Analyse MultiCritères d’évaluation du potentiel des gravières en ligne) : cliquez ici
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Débat sur l’évaluation du potentiel écologique des gravières avec Djamel Mimoun, mais aussi sur la nécessité d’instaurer un lieu de réflexion avec Christine Albouy.

L’exemple des gravières de Mâtel à Roanne - Sébastien Teyssier [6]

Dans le cadre du PLGN [7], trois maîtres d’ouvrages se sont associés (le Grand Roanne Agglomération, la ville de Mably et la communauté de communes du Pays de Charlieu) pour un contrat de 5 ans (2004-2008) subventionné à 80 % par le Conseil Général, la Région, l’Agence de l’Eau et l’Etat..

Ce programme d’actions “Bords de Loire en Roannais“ s’étend sur un linéaire de 27 km, et comprend l’achat, la réhabilitation et l’ouverture au public des Gravières de Mâtel à Roanne.

La LPO Loire est partenaire technique dans ce projet. Le site présente de nombreux atouts. Peu dégradé, ses richesses naturelles sont importantes et il se situe à proximité du centre ville de Roanne.

Aujourd’hui, la quasi-totalité du foncier est maîtrisée et dans l’immédiat il a fallu réparer une digue ouverte par la crue de décembre 2003.

Parmi les autres actions “Bords de Loire en Roannais“ on peut citer la Gravière aux Oiseaux à Mably, un cheminement longeant la Loire vers l’aval depuis le port de Roanne, une étude hydraulique, un plan de gestion des milieux naturels, la lutte contre les plantes envahissantes, un suivi scientifique de la faune, et la création d’un emploi pour l’animation, la coordination et la communication. Parallèlement, 18 actions sont conduites sur le Pays de Charlieu.

L’exemple de la gravière aux oiseaux de Mably - Charles-Henri Vigouroux [8]

Tout comme celle de Mâtel, la gravière de Mably est une opération du programme d’actions « Bords de Loire en Roannais » . Depuis 2001, la ville de Mably est propriétaire de ce site de 40 hectares. Les travaux commencés en mai 2004 doivent se terminer en mai 2006.

De nombreux aménagements ont été créés : roselières, mares, berges adoucies, îlots, triples berges, hauts-fonds, etc. Un sentier de découverte et des observatoires ont été réalisés.

La signalétique pédagogique est en cours d’élaboration en partenariat avec la FRAPNA Loire. Un « grand couvert », ferme typique du Roannais, sera réhabilité pour l’accueil des scolaires et des groupes, par l’architecte Yves Perret, auteur de la nef et de la ruche de l’Ecopôle.

Connexion Internet à l’Ecopôle

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Nicolas Reudet et la société Numéo ont permis un accès internet haut débit ce vendredi.

Une connexion haut-débit a pu être mise en place ce vendredi 18/11/05 par Nicolas Reudet (DDE) et la société Numéo. En effet, le site de l’Ecopôle du Forez ne dispose pas pour l’instant de connexion ADSL, ce qui pose la question de l’aménagement numérique du territoire. L’installation s’est faite à partir d’un émetteur provisoire installé à la mairie de St Cyr les Vignes. Cet essai a montré la potentialité de l’ADSL sur ce secteur non encore desservi. Ce système pourrait fonctionner si un certain nombre de riverains (au moins 15 d’après l’installateur) se montrent intéressés.
Nicolas Reudet a par ailleurs présenté la démarche d’implication des services de l’Etat Loire dans la dynamique numérique des territoires.

Le site internet « http://www.fleuve-loire.net/ »

Jacques Chatignoux et Justine Ultsch ont ensuite présenté le site fleuve-loire et les modalités de participation à ce site collaboratif. En effet, toute personnes mobilisée, intéressée par le fleuve peut s’inscrire sur le site et proposer des articles et des brèves, qui sont ensuite soumises à débat avant publication. Le site constitue un outil de partage des connaissances sur le réaménagement des gravières, de diffusion des projets et des idées, et pourquoi pas de la mise en place de partenariats.

Ensuite un débat fructueux s’est installé sur les différentes techniques de réaménagement (loisir, agricole, écologique…). Puis les participants ont partagé un repas au restaurant « l’Excuse » à Chambéon avant d’aller sur le terrain.

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Pause déjeuner au restaurant « l’Excuse » à Chambéon.

Visite de la gravière Morillon-Corvol à Chambéon - Hélène Bertau et Anthony Perrier [9]

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Plan de l’exploitation de Morillon-Corvol à Chambéon. Premier réaménagement en « bâche d’eau ».

La société Morillon-Corvol nous a ouvert ses portes en début d’après-midi (au lieu-dit de la Pège). Le commencement de l’exploitation date de 1993 (pour 80 hectares), avec un nouvel arrêté en juillet 2004 renouvelant les parcelles non exploitées et avec une extension de 30 hectares.

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Exploitation des granulats à Chambéon.

La société dispose d’une soixantaine de sites en France et souhaite réaménager les sites selon diverses formes : réaménagements écologiques (28% des sites), agricoles (26%), forestiers (6%), piscicoles (4%), paysagers (15%), cynégétiques, espaces de sports et de loisirs, et plans d’eau d’utilité publique (2%). Ainsi, le site de l’Ecopôle a été exploité par cette société de 1973 à 1990 sur 45 hectares.

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Visite de la gravière Morillon-Corvol, Chambéon.

Quatre millions de tonnes de granulats ont été extraits sur ce site. Dès 1987, un partenariat a été établi entre Morillon-Corvol et la FRAPNA pour permettre le réaménagement du site.

Ceux qui le souhaitaient ont pu compléter par la visite de réaménagement de frayères réalisés par l’Ecopôle du Forez, en compagnie de Jean-Pierre Epinat (cellule hydraulique DDE) et de André Ulmer (FRAPNA).
Après cette journée de travail fructueuse, les participants se sont quittés afin d’aller mettre en pratique ces exemples.

Questions transversales

Les gravières, milieux dégradés par une activité industrielle, passent souvent dans le domaine de l’espace public au moment de leur réhabilitation. Véritable zone tampon entre le fleuve et les activités humaines, leur réaménagement est pensé dès leur mise en exploitation à travers l’étude d’impact rendue obligatoire en 1971.

  • Importance de se retrouver et d’échanger sur les gravières Il n’existe pas aujourd’hui à proprement dit d’instance, de lieu de réflexion à ce sujet. Il existe pourtant un comité de suivi annuel où sont conviés associations, élus, exploitants, habitants, etc. De nombreuses questions persistent concernant le coût de la maintenance, l’ouverture au public des sites, l’évaluation du potentiel écologique des plans d’eau (où l’outil de D. Mimoun constitue une avancée majeure dans ce domaine), etc. Les rencontres informelles du type de celle du 18/11 sont donc un bon outil de suivi et d’échanges.
  • L’importance de la réflexion en amont du projet de réaménagement des gravières a été soulignée de nombreuses fois.
  • Un réaménagement peut être une opportunité de mise en place de partenariats entre propriétaires privés, milieu associatif, collectivités, etc. ; comme c’est le cas par exemple du programme des « Bords de Loire en Roannais ».
  • Diversité des critères et des vocations dans le cadre de réaménagements Le réaménagement doit être établi en fonction de critères écologiques, hydrauliques et socio-économiques et peut répondre à différentes vocations : écologique, paysagère, ludique, agricole, hydraulique, etc. Enfin, la diversité dans le traitement des gravières recoupe trois dimensions : l’espace (ex : réunir les gravières qui sont en chapelet), le temps (nécessaire vision prospective) et le message (question de la valeur que l’on accorde à cet espace dégradé).
  • Nécessité d’établir une chaîne d’information le long du fleuve Par exemple, lors de lâchers de barrage à Grangent, le niveau d’eau à l’Ecopôle peut varier de 40 à 60 cm, ce qui a notamment des conséquences sur les frayères à brochets ou sur les sorties pédagogiques avec des publics scolaires. Quel relais existe-il alors au niveau local pour diffuser ce type d’information ? Il est donc important de penser le fleuve comme un itinéraire numérique.
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Quelques acteurs du réaménagement des gravières : Jean-Pierre Eînat (Dde), Laurent Russias ( CG42), Sébastien Teyssier (LPO), Anthony Perrier (Cemex), André Ulmer (Frapna), Hélène Bertau (Cemex).

Personnes présentes

  • Christine Albouy - DDE cellule environnement risques
  • Philippe Auclerc - Magazine « Loire et Terroirs »
  • Roger Berne - Maire de St-Cyr-les-Vignes
  • Marie Bonin - Association des amis du Château de la Roche
  • Hélène Bertau - Société Morillon Corvol service environnement et foncier
  • J.J. Charrie-Thollot - Société Morillon Corvol
  • Jacques Chatignoux - Conseiller en développement site fleuve-loire
  • Dominique Delorme - UNICEM Rhône-Alpes
  • Jean-Pierre Epinat - DDE cellule hydraulique
  • Christiane Forti - DDE cellule hydraulique
  • Anne-Isabelle Millot - Communauté de communes de Feurs en Forez
  • Djamel Mimoun - Ecole des Mines de St-Etienne
  • Albert Mousset - Maire de Chambéon
  • Anthony Perrier - Société Morillon Corvol
  • Nicolas Reudet - DDE chargé de mission haut débit
  • Laurent Russias - Conseil Général de la Loire DARAT
  • Philippe Steeger - DDE cellule hydraulique
  • Sébastien Teyssier - LPO Loire
  • André Ulmer - FRAPNA Ecozone
  • Justine Ultsch - DDE - IERP
  • Françoise Valette - Syndicat mixte « le Roannais en Rhône-Alpes »
  • Charles-Henri Vigouroux - Maire adjoint de Mably

Excusées

  • Adeline Cazier - Grand Roanne Agglomération
  • Monsieur Chambonnet - Maire de Rivas
  • Monsieur Chassin - vice-président de la communauté de communes de Feurs
  • Floriane Morena - Etablissement Public Loire
le 24 novembre 2005 par Justine Ultsch, André Ulmer
modifie le 22 avril 2007

Notes

[1] Source UNICEM - 1999

[2] Cellule environnement-risques à la DDE

[3] FRAPNA Loire

[4] Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature

[5] Ecole des Mines de Saint-Etienne

[6] Ligue de Protection des Oiseaux - LPO Loire

[7] Plan Loire Grandeur Nature

[8] Adjoint au Maire de Mably

[9] Chargée de communication et responsable du site - entreprise Cemex

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